L'accord sur le climat signé à Paris est une première. Après des décennies de tergiversations, il marque une étape clef dans la prise de conscience universelle des bouleversements planétaires qui nous attendent. Il nous engage ce faisant à mettre en oeuvre des stratégies audacieuses d'adaptation même s'il n'est pas ou peu contraignant. « Quand on connaît la difficulté pour obtenir un vote entre cinq copropriétaires pour ravaler l'immeuble qu'ils partagent, on comprend le défi à

    faire adopter un accord par 195 délégués représentant des pays aussi différents que le Mali, la Suède ou encore le Qatar », note avec raison l'économiste Christian de Perthuis dans les Echos. C'est accessoirement une belle réussite diplomatique pour notre pays qui s'est montré à la hauteur pour mener cette négociation délicate.

     

    Pour autant, rien n'est joué et il revient à chaque Etat, et à chaque nation car il s'agit bien de la mobilisation de tous, de mettre en oeuvre sa feuille de route et, tous les cinq ans, d'en revoir les objectifs à la hausse afin de limiter à 1,5°c, au plus 2°c par rapport au niveau pré-industriel, le réchauffement de la planète. Ce n'est pas acquis quand on sait que la somme des stratégies nationales actuelles conduit à une augmentation moyenne de plus de 3°c qui est, de l'avis des scientifiques, le seuil à partir duquel on risque l'emballement et l'irréversibilité du processus.

     

    Et puis il y a un regret, un coup de gueule à pousser dans le consensus général pour dénoncer le fait que les énergies renouvelables n'ont fait qu'une apparition tardive dans le projet de résolution finale , et seulement dans ses attendus, alors que c'est bien un des enjeux de l'adaptation à la crise climatique. Tout au plus peut-on espérer que l'engagement financier de 100 Mds$ par an apportés par les pays industrialisés aux pays émergents pour les aider à lutter contre le changement climatique, et qui figurent bien dans l'accord de Paris, soient principalement affectés aux renouvelables.

     

    Du reste, cette frilosité toute diplomatique n'a pas limité les ardeurs de certains acteurs publics ou privés qui ont fait au Bourget de la surenchère en la matière : lancement d'un Conseil mondial solaire, création de l'Alliance solaire internationale par 121 pays à l'initiative du Premier ministre indien Narendra Modi ou encore de la Breakthrough Energy Coalition, un groupe indépendant de 28 investisseurs privés piloté par Bill Gates pour ne citer que ces initiatives...

     

    A la COP 21, l'INES a été très impliqué que ce soit dans la Galerie des solutions, où son stand a reçu de nombreuses délégations, dans la Zone bleue réservée aux personnes accréditées ou encore dans l'Espace génération dédié aux ONG où nous eûmes l'opportunité de participer à de nombreux side-events. La place centrale prise par le photovoltaïque présenté dans de nombreux débats comme étant LA solution des années à venir nous conforte dans notre rôle car, pour le généraliser, il faudra encore et toujours de l'innovation et de la formation, nos deux métiers.

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