En cette année d’élection présidentielle, toute la palette des orientations énergétiques s’offre à nous, depuis le statu quo, la poursuite de l’inflexion donnée ou une transition encore plus rapide. Il est bien entendu difficile d’en dire plus sur l’orientation qui l’emportera. Par contre, 2016 nous a offert une actualité internationale particulièrement riche en événements qui vont marquer inéluctablement notre futur énergétique, et ce quelle que soit l’issue du scrutin :

    Tout d’abord des prix de l’électricité à 2 ou 3c€/kWh : du Mexique au Chili, à Abou Dhabi et Dubai, les exemples se multiplient. Ces valeurs commencent à marquer les esprits puisque qu’aucune autre source d’électricité conventionnelle ne peut concurrencer de tels niveaux, et qu’une des conséquences à terme est le renchérissement automatique des installations conventionnelles qui devront s’amortir sur des durées de fonctionnement plus courtes. Pour la France, le dernier appel d’offres sur les grandes centrales devraient révéler prochainement des chiffres compris entre 5 et 6c€/kWh.

    Continuons avec les mouvements stratégiques d’importants acteurs de notre panorama énergétique : Après RWE et Eon en 2014 et 2015, Engie puis Total, infléchissent sérieusement leur stratégie : Priorité aux renouvelables et aux services d’efficacité énergétique chez l’un, lancement d’une division électricité chez l’autre. Le point essentiel à retenir est que face aux longues durées d’amortissement et aux incertitudes à moyen terme sur les durées de fonctionnement des capacités conventionnelles, il devient urgent de ne plus investir dans ce qui ne pourra pas contribuer à l’optimum économique et simultanément de déprécier au plus vite certains actifs.

    En France, la LTECV et les décisions qui ont suivi commencent à encourager l’autoconsommation et apportent à nos développeurs un programme d’appels d’offres ciblés, qui permet de tabler sur un marché annuel de 1,5 à 2 GW, donc en nette augmentation. Il faudrait faire en sorte que cette meilleure visibilité sur les trois prochaines années se traduise par des avancées du côté industriel. La vision stratégique de l’importance d’une filière sur l’amont n’est pas suffisamment perçue comme une priorité, ici comme dans de nombreux pays européens, et l’incertitude reste de vigueur. Plus en aval, vers les applications comme l’intégration dans les réseaux et les bâtiments, les services de mobilité solaire, les opportunités sont indéniables : l’INES est très impliqué sur ces sujets, des produits aux services, et de la recherche jusqu’à la formation, comme les informations de ce bulletin vous le montreront.

    Au-delà, et notamment en lien avec l’explosion du marché dans les pays émergents, plusieurs autres chantiers sont encore devant nous : l’accès à l’énergie en zone rurale, le solaire dans les applications industrielles, notamment pour la production d’hydrogène, aussi pertinente pour les engrais ou la métallurgie. L’énergie solaire pourra alors vraiment prendre sa part des mix énergétiques partout dans le monde, tout en contribuant à l’activité économique locale.

    Contact : philippe.malbranche@ines-solaire.org